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15.10.06 [+]
Pour la suite des choses
c'est par là : www.1924.ca.
22.8.06 [+]
Comment je suis devenu l'ami de Gillian Welch
... ou Myspace, c'est crissement vedge. Je suis un homme de mon époque - excepté le fait que je suis folkeux, socialiste et bon vivant - et je me conforme donc à ses modes, mais toujours deux secondes en retard. J'ai donc maintenant ma propre page Myspace depuis qu'on m'a signalé l'existence du machin, en m'assurant que tout le monde est là-dessus, notamment les groupes de musiques, et que conséquemment c'était bon, comme nous l'enseigne la sagesse populaire. Il semble même que des artistes ont connu un succès fulgurant par ce réseautage. Voilà donc qu'après avoir eu un compte ICQ, Messenger, geocities, blogger, flicker, delicious, youtube, et bien d'autres choses plus inavouables, on est rendu à myspace. J'adore remplir des questionnaires.
Mais à quoi ce machin sert-il? C'est affreusement laid, compliqué à naviguer, plein de pub (aaahhhhggh) et les options pour le "personnaliser" ne font qu'accentuer la catastrophe. La grosse affaire semble donc être de se faire des amis ("be my friend!" disait l'autre fléau de Hi5, dont heureusement je n'entends plus parler, beauté des filtres anti-spam); et en moins de 12 heures, une artiste que j'aime profondément depuis cinq ans, Gillian Welch, est devenue mon amie! J'en ai donc 6 ; elle en a 15492 au moment d'écrire ces lignes. Genre d'amitié. Sur sa page, je peux écouter 4 pièces, dont Black Star, superbe reprise de ... Radiohead (merci Alex de parfaire ma culture pop), voir les 1684 commentaires et les profils de ses 15492 amis, si jamais j'ai une semaine de trop dans ma vie. Je peux aussi aller voir sur son vrai site pour plus de renseignements, un meilleur design, sa discographie, une bio complète, acheter des bebelles et surtout, connaître les dates de ses prochains concerts. Bref, à quoi ça sert? No se. Mais si jamais vous visiter ma page, allez voir celle de mes vrais amis Zéphyr Artillerie ; le jour où leur musique sera connue, ils auront 324857 amis eux aussi.
2.8.06 [+]
Quelques albums de la rentrée
De retour de vacances, et même un peu plus, pourquoi ne pas se conformer à un des habitus des bloggueurs qui consiste à parler de ce dont tout le monde parle ; voici donc quelques sorties majeures pour la rentrée. Certaines pièces sont impressionnantes!
Tout d'abord, à la fin août, le dernier Bob Dylan, Modern Times, son premier depuis Love& Theft, qui semble poursuivre la même démarche artistique : quelques blues gras bien écrits, d'autres pièces plus jazzées, le tout conservant une belle unité musicale. La première pièce, Thunder on the Mountain, fait allusion à Alicia Keys, que Dylan avait côtoyé au moins à la soirée des Grammys en 2001 : « I was thinking about Alicia Keys, couldn’t help from crying / When she was born in Hell’s Kitchen, I was living down the line / I’m wondering where in the world Alicia Keys could be / I been looking for her even clean through Tennessee ». Le magazine en ligne Slate consacre même un article complet à la question. Les fans de Dylan sont fous, je le sais, j'en suis un : d'autres on commencé à rencenser tous les extraits de textes publiés dans les médias ou diffusés en onde. Enfin, un amateur a envoyé une critique complète sur le forum du Dylan Pool. Et l'incontournable Expecting Rain recense, lui, toutes les critiques. Nous serons tous fixés le 29 août.
Le même jour, le Old Crow Medecine Show fait paraître la suite très attendue de OCMS, Big Iron World, dont des extraits ont circulé : j'en ai attrapé quelques uns sur Pandora qui m'ont rappelé à quel point le band a un son dictinctif, mordant, capable d'aller chercher des émotions cachées au creux de l'interprétation, notamment vocale. En fait, la musique bluegrass et old-time d'aujourd'hui est souvent polie, comme si la virtuosité devait absolument profiter des soins techniques du studio. L'énergie débridée du Old Crow est plus que bienvenue dans cet univers relativement conformiste, et c'est fort probablement ce qui a permis au groupe d'étendre sa renommée au-delà du cercle des amateurs confirmés. On trouve sur Big Iron World la chanson Union Maid, de Woody Guthrie, artiste trop souvent délaissé par les artistes bluegrass, une pièce sans compromis sur une activiste syndicale ; d'autres chansons laissent planer un commentaire social et politique, et l'ensemble semble être fidèle à ce qu'on connaît du Old Crow, qui ravive des périodes oubliées pour les faire renaître dans le monde d'aujourd'hui : le vidéo disponible en téléchargement les montre jouant "Down home girl" dans les rues de New-York, sous des échafauds de construction. Gillian Welch vient faire un tour à la batterie sur quelques pièces en attendant son propre album dont on n'a pas de nouvelles. Que dire d'autre, sinon que nous attendons le 29 août avec impatience?
Parlant des mondes ressucités, Shout! Factory, maison éclectique fondée par des transfuges de Rhino, lancera au mois d'octobre l'ensemble de quatre disque The Harry Smith Project: Anthology of American Folk Music Revisited. Deux CD hommages à l'oeuvre des pionniers que l'excentrique personnage a ramené sur le devant de la scène dans son anthologie publiée en 1952 : John Hurt, Buell Kazee, Clarence Ashley, et tant d'autres artistes et pièces obscures & bizarre qui ont fait de cette ensemble de 6 disques un mythe persistant, aussi populaire aujourd'hui qu'à l'époque. On compte notamment les participations de Wilco, Sonic Youth, Beck, Lou Reed et Steve Earle, entre autres ; à cela s'ajoute deux DVD, un de prestations musicales et un documentaire sur l'oeuvre maîtresse de Harry Smith. Voilà de quoi nourrir le mythe pour encore longtemps. Voir l'article de Billboard.
Enfin, la maison Anti- a lancé la nouvelle de la parution d'un nouveau Tom Waits, qui sera un album... triple et sera consacré exclusivement à la thématique des orphelins, parfaitement madame. Chaque disque a sa personnalité propre et l'ensemble est représentatif des multiples styles de Tom Waits. Le premier, Brawlers (bagarreurs), est consacré aux blues sales et gueulards, tandis que Bawlers (braillards) réunit des ballades country ou celtiques, des berceuses, des valses et des chansons pour piano, alors que le dernier, Bastards (bâtards) est dédié aux histoires étranges et à la musique expétimentales. Des 44 pièces, plusieurs sont des reprises puisées dans le catalogue hétéroclite des influences de Waits : Brecht, Leadbelly, les Ramones, Bukowski... D'autres sont parues initialement sur des trames sonores et on les retrouve avec plaisir : The Fall of Troy (Dead Man Walking) et Long Way Home (Big Bad Love), sont des chefs-d'oeuvre. On attend ça le 21 novembre.
30.5.06 [+]
Petit tour de web en musique
L'engouement pour les mp3 blogs ne semble pas s'étioler ; ils continuent de se multiplier à un rythme soutenu, à tel point qu'on finit par trouver comique l'appel à « acheter la musique » qui semble la contrepartie nécessaire à la diffusion gratuite d'oeuvres pourtant protégée. En effet, on n'aurait pas assez de la journée pour télécharger tout ce qui nous intéresse. A-t-on besoin de CD quand on se fait donner un plein ipod chaque jour? M'enfin, n'allez pas croire que je suis un apôtre de la nécessité de payer, je suis moi-même un maniaque de Soulseek. Voici donc, dans le créneau qui nous intéresse (americana au sens très large) quelques recommandations.
Big Rock Candy Mountain est en ligne depuis deux ans, et offre de la musique country et old-time. Il a fait cette semaine l'erreur de mélanger musique et politique, au sujet de l'immigration (voir notre billet précédent). Le voilà quitte pour une bonne discussion avec quelques-uns de ses lecteurs, à qui il avait envoyé le This Land Is Your Land de Woody Guthrie en guise de commentaire sur le sujet. Cette semaine, il était plutôt dans le Honky Tonk, avec Moon Mullican, les Wilburn Brothers et Vern Gosdin. Jamais entendu parler? Ben moi non plus, pour les deux derniers en tout cas. Mais on est dans les classiques du genre, et le site ne manque pas d'informations pour le reste.
Le Old Blue Bus, un blog "sans destinations particulière" a passé les derniers jours au pays du Bluegrass, en compagnie de la Cox Family, de Robin et Linda Williams et de quelques classiques pour égayer le tout. Ce site est toujours une bonne fréquentation pour les amateurs de musiques roots en tous genres.
Postmodern Sounds in Country and Western Music, c'est bien son nom, est plus du type arracheux de prélart, avec un goût pour les tordus et les marginaux. Tout ce qui est sur la page présentement est excellent, notamment Bob Wayne, et Scott H. Biram, un one-man band du type de Bob Log III - il enregistre d'ailleurs pour la même étiquette, Bloodshot Records. Essayez la longue I see the light/What's his name, juste pour voir.
Long South Home, animé par Rob Hutten de Halifax, propose des pièces sur... la vie après la mort, parfaitement. Beaucoup de soul et de gospel, comme on peut prévoir, mais on compte aussi parmi les invités de cette semaine la Carter Family, The Lilly Brothers et le Reverend Gary Davis.
Keep the Coffee Coming est dans ce que j'appelle le "folk-folk", par allusion au "folk blues" ou au "country folk". On y trouve présentement des pièces de Peggy Seeger, Burl Ives (de la génération des Woody Guthie et al.) ainsi que du canadien David Francey.
Locus St vit dans le passé : 50 ans en arrière pour être précis. Au cours d'un projet ambitieux, le bloggueur suit le cours de l'année 1956, en explorant les faits sociaux et politiques, mais surtout musicaux. Il ne lésine pas sur les moyens : il y a aujourd'hui 18 pièces à télécharger (!), de Elvis à John Coltrane, en passant par Chuck Berry, Lefty Frizzell et Tony Bennett. L'histoire de la musique est impossible à simplifier! Quelques autres projets thématiques, comme une série sur les péchés capitaux ou sur les breuvages, sont liés dans le menu de gauche.
Tant qu'à être dans les thématiques, et sombrer dans la démesure et l'orgie musicale la plus complète, Trees Lounge anime une série sur les états américains avec une bonne trentaine de pièces pour chacune, dans tous les styles musicaux. Partez donc en voyage au hasard : Hawaii, Kentucky, Georgia, Idaho, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, Louisiane, et même Minessota, Maryland, ou Michigan. La série a commencée en février, fouillez dans les archives pour les autres.
Ah oui, et maintenant, essayez d'acheter tout ça!
19.5.06 [+]
Ride, ride, ride
 La musique country a glorifié les camionneurs et leur mode de vie, en faisant des cowboys de l'ère moderne, sillonnant les routes américaines, formant une vaste confrérie aux signes de reconnaissances distincts. La profession manque aujourd'hui de main d'oeuvre, à tel point que chaque jour, 5% de la flotte reste clouée au port. L'expansion du commerce américain et le changement de génération semblent en cause, et en dépit de la hausse des prix de l'essence, le camionnage semble être encore le moyen de transport priviligié, préféré à l'avion, trop onéreuse, et au rail, trop lent. Des écoles champignons poussent à travers le pays pour trouver de nouvelles recrues, y compris chez les ex-détenus et les itinérants, à qui on promet, après une formation de trois semaines, un emploi et un salaire de 35000$. La profession est bousculée par ces changements rapides, les vieux camionneurs arguant que les bleus sont bien mal préparés à un métier qui s'apprend avec l'expérience. Car, quoique les bonimenteurs puissent en dire, les conditions de travaillent sont pénibles : les semaines vont chercher dans les 70 heures, l'éloignement rend difficiles les relations familiales et le peu d'exercice et la mauvaise alimentation (la bouffe du Flying J est abominable) sont propices aux problèmes de santé. Quelques 700 camionneurs meurent sur les routes chaque année, et le taux de roulement de personnel est impressionnant : chaque fois que l'économie prend du mieux, l'industrie perd ses travailleurs au profit des cols bleus, qui profitent de meilleurs conditions. On estime que l'industrie a besoin de 20000 camionneurs cette année, et que ce nombre pourra tripler à la fin de la décennie. The River Front Times propose un article passionnant sur le sujet.
Lire Running on Empty, de Ben Westhoff, The River Front Times
16.5.06 [+]
La politique est un métier dangeureux pour votre carrière
Les Dixie Chicks font de la politique malgré elles : en 2003, la chanteuse Nataly Maines, en spectacle à Londres, énonce ces mots fatidiques "Just so you know, we're ashamed the President of the United States is from Texas." De groupe plutôt insignifiant - à mon sens : elles avaient vendu 22 millions de copies de leurs deux albums prédédents -, elles sont devenues les victimes de la bigoterie américaine. Leurs fans ont appelé au boycott des stations qui les faisaient jouer, ont organisé des destructions au bulldozer de leurs disques et elles ont reçues des menaces de mort que le FBI a pris très au sérieux :un peu plus tôt, le conducteur d'une van qui arborait leur photo s'est fait intimidé avec une arme d'assaut... Pour autant, le groupe persiste et signe. La déclaration de 2003 était "définitivement une insulte" au président, et sur leur nouveau disque apparaît une chanson, Not Ready to Make Nice, qui fut un succès sur Internet, mais a arrêté sa course au 36e rang du palmarès radio. N'allez pas y voir une effet de la concentration des médias...
Lire Dixie Chicks Remain Unapologetic in 60 Minutes Interview, CMT
Stephan Smith est un folksinger engagé contemporain, c'est-à-dire pratiquement rien. Billboard l'a pourtant consacré "nouveau Guthrie", The New York Times à Bob Dylan, et All Music Guide à Phil Ochs - essayez d'en faire autant - et en plus, il a une voix bien à lui, où il rappe des textes dur des mélodies appuyées et un jeu de guitare à la texture plutôt chaude. Il répond, dans les pages du San Francisco Gate la question posée au début de la guerre en Irak sur la présence d'une nouvelle génération de protest-singer, et particulièrement à Neil Young qui se demandait à voix haute, à l'occasion du lancement de Living With War, ce que faisaient les jeunes musiciens. Stephen Smith répond : ils se font boycotter par l'establishement, point. Dans le monde d'aujourd'hui, la concentration des médias est telle qu'il est pratiquement impossible de rejoindre le grand public par ce moyen - Clear Channel, à eux seuls, possèdent plus de 1000 radios aux États-Unis. Ce sont les mêmes qui, au déclenchement de la « guerre contre le terrorisme » ont demandé à leurs DJ de ne pas faire jouer des chansons ayant pour thème la paix, telles que le Imagine de Lennon ou Peace Train de Dylan (voir la liste complète). Si les artistes établis, qui ne se sont pas faits connaître pour leur chanson contestataires, peuvent encore se prévaloir d'un certain privilège, il est impossible, dans un pays aussi polarisé, d'accéder aux grands médias avec un art qui remet en cause l'ordre établi, ceux-ci étant pratiquement celui-là. Il reste l'Internet : il a participé à l'initiative de Thuston Moore, www.protest-records.com, et la chanson "The Bell", de Stephen Smith, accompagné notamment de Pete Seeger, publiée un an après le 9/11, a été téléchargée des miliers de fois, diffusée sur plus de 250 000 CD, et reprise par Dave Matthews et DJ Spooky. Pour autant, ça ne fait pas des contrats. Les gérants d'artistes refusent de l'engager comme première partie d'autres artistes, de peur d'exposer leur public à du contenu politique! Alors, Stephen Smith, qui est d'origine... irakienne et et dont le vrai nom de famille est Said, pose la grande question : comme ce fut le cas dans les années 60, où la génération des Guthrie et Seeger ont préparé le terrain pour celle des Baez et Dylan, y aura-t-il un parrainage pour les nouveaux artistes?
Lire le texte de Stephen Smith : Hey, Neil Young: We young singers are hog-tied, too! Écouter la musique de Stephen Smith (très bon!)
15.5.06 [+]
Fête des mères
 Incroyable mais vrai, le login/passwords publié la semaine dernière pour écouter l'émission hebdomadaire de Bob Dylan sur XM Radio fonctionne toujours, alors écoutons l'édition de cette semaine, consacrée à la fête des mères. Au programme, Julia Lee, Buck Owens, Merle Haggard et... LL Cool J. La feuille de route complète est là et on se connecte à cette adresse, en cliquant sur le lien et avec ce mot de passe : username: press1 password: xmr0ck5!. Amusez-vous bien!
Gillian Welch
 Gillian Welch occupe une place à part dans le monde du folk contemporain. Appartenant au spectre large de « l’alt-country », puisqu’il semble que la pensée ait besoin de ces catégories, elle transporte dans ses chansons le vaste fonds de l’americana, que ce soit la musique appalachienne, les folksongs, les classiques de Nashville, tout en payant son tribut, en spectacle, aux grands auteurs-compositeurs, tels Bob Dylan, Neil Young ou Townes Van Zandt. Accompagnée de David Rawlings, compagnon du début et guitariste exceptionnel, ils forment ce qu’ils décrivent comme un « groupe de deux personnes qui a pour nom Gillian Welch ».
Gillian est née à Manhattan le 2 octobre 1967, et adoptée le jour de sa naissance. À l’âge de quatre ans, ses parents adoptifs, Ken et Mitzie Welch, qui travaillent dans la musique pour la télévision, déménagent à Los Angeles, où elle grandit. Elle commence des études à l’Université de Californie à Santa Cruz. Selon le récit qu’elle en fait au journaliste du New-Yorker, arrivée à Santa Cruz au college, elle boit pas mal, joue de la basse dans un band goth, Penny Dreadful, puis de la batterie dans un band de surf, «Thirteenth-Floor something or other» (« I was always extremely high on acid, and I wouldn’t realize that the song had ended, so there were a lot of drum solos »), prend des cours de céramique, avant de finalement se trouver des colocs qui jouaient du bluegrass qui jouait dans une pizzeria. Elle chante à quelques reprises avec eux et trouve son répertoire. Elle se retrouve ensuite au Berkeley College of Music de Boston, une école axée sur le jazz où elle se sent « comme une martienne » ; quoiqu’il en soit, elle y fait la rencontre de David Rawlings. En 1992, les deux s’installent à Nashville, où commence véritablement leur carrière. Ils ont raconté au journaliste du New-Yorker comment, à Nashville, habitant près d’un aéroport, ils s’étaient à habitué à enregistrer la nuit, entre minuit et six heures, quand les avions s’étaient enfin tus. Dans les pauses, ils se promenaient dans la ville ; Nashville leur semblait alors une ville paisible, pleines de fantômes qui prenaient vie quand ils chantaient leurs chansons.
Rawlings a grandi à Slatersville, Rhode Island, une ancienne ville de textile. Il a commencé à jouer de la guitare à quinze ans, à l’invite d’un ami, pour le spectacle amateur de l’école, qu’ils ont remporté l’année suivante. Il s’est montré doué dès l’abord. Il est un guitariste extrêmement inventif ; ses solos sont audacieux, pleins de variations chromatiques, de dissonances calculées, de double-stops et de cordes ouvertes qui servent de drones, souvent contre les accords auxquels ils sont reliés. Ses prouesses sont pourtant soumises à son plus grand talent, celui de mélodiste. Rawlings joue sur une Epiphone Olympic 1935, une guitare « arch-top » bon marché de l’époque qui donne le son particulier du groupe. Il est peut-être le seul musicien à jamais en avoir fait son instrument principal. Le son en est si inhabituel que lors d’un festival, Doc Watson, qui est aveugle, s’est enquis auprès de Rawlings pour savoir de quel genre d’instrument il s’agissait…
L’année suivant son installation à Nashville, Gillian gagne le concours d’écriture du Merlefest, un des plus gros festivals de bluegrass nommée en l’honneur du fils de Doc Watson et, chose inhabituelle, ses chansons sont chantées, avant même la parution de son premier disque, par Tim O’Brien et Emmylou Harris (Orphan Girl), et le Nashville Bluegrass Band, qui ont repris One More Dollar et Tear My Stillhouse Down. La participation au film O Brother Where Art Thou? et à sa trame sonore, en 2000, marque un tournant. Désormais acteurs distingués de la scène de l’alt-country, ils ont collaboré avec la plupart des grands, de Ralph Stanley à Ani Di Franco, participé aux hommages à Greg Brown, John Hartford et John Hurt, en plus de réaliser l’immense album du Old Crow Medecine Show, avec qui ils ont tourné une bonne partie de l’année 2004.
Leur musique est simple, mais difficile à catégoriser, pour peu qu’on veuille aller plus loin que l’étiquette « folk ». Inspirés du country, du old-time et du bluegrass, ils y entremêlent des éléments de rock’n’roll, de gospel, de jazz ; mais toujours à leur manière, caractérisée par des rythmes languissants, très lents. Gillian a une voix alto qui donne l’impression de chanter sans artifices, même si elle emprunte certains éléments à la tradition bluegrass. Elle s’entremêle à la perfection avec celle de Rawlings si bien que parfois on ne sait plus qui chante. Ses personnages sont travailleurs itinérants, cow-boys solitaires, gens humbles tourmentés par le destin, hors-la-loi, criminels, soldats, contrebandiers, pouilleux, beautés déchues, filles de fermiers ; ils parlent simplement et intensément d’un monde trop mystérieux, dur, incompréhensible.
Revival, leur premier disque, est paru en 1996. Réalisé par T-Bone Burnett, il a remporté cette année-là le Grammy du meilleur album « Folk contemporain », dont les précédents lauréats étaient Johnny Cash, Bob Dylan et Bruce Springsteen. On y trouve notamment la superbe Annabelle, une brève chanson sur la dureté de la vie en campagne, où la seule chose qui peut sortir de cette terre ingrate est la naissance d’une fille, née au deuxième couplet et morte au troisième : « We cannot have all things to please us, no matter how we try / Until we've all gone to Jesus, we can only wonder why » ; elle met en scène un « moonshiner » repentant (fabricant d’alcool de contrebande) dans Tear My Still House Down. Orphan Girl et Barroom Girls poursuivent sur la voie des déshérités, alors que le gospel By The Mark et la douce Acony Bell sont d’une poésie épurée. Plus encore que les sujets des chansons, c’est l’art d’écrire et sa maturité qui surprend. L’usage de l’ellipse et du non-dit donne aux pièces l’aspect grand et terrible des folksongs, et qui ont fait dire que les chansons de Gillian Welch sont timeless, qu’elles auraient pu aussi bien être écrite il y a cent ans.
Hell Among The Yearling Hell Among The Yearlings est un album profond, noir et hanté. Dès l’attaque, Caleb Mayer donne le ton, une histoire sordide où la narratrice tue l’homme qui veut la violer. My Morphine est l’une de ses chansons les plus hypnotiques, longue et lente. Miner’s Refrain, formellement une chanson sur les mineurs, répète inlassablement son refrain « I’m deep in a hole, down in a deep dark hole » ; alors que plane un mystère menaçant sur Whiskey Girl : « Nowhere man and the whiskey girl / They loaded up for a weekend in the underworld ». C’est bien un album de l’envers du monde, où la mort pointe, bien sûr dans I’m not afraid to die, mais aussi dans le gospel Rock of Ages, où l’approche des jours derniers sert de prétexte à évoquer la famille défunte. L’album se clôt par une pièce plus lumineuse, Winter’s come Come and Gone, qui évoque le passage des saisons à travers le message qu’apportent les oiseaux, ajoutant une touche symbolique et mythologique. Musicalement, l’album se distingue part un jeu plus raffiné, avec de longues séquences musicales qui reviennent en boucle, et par l’apparition du banjo, joué en clawhammer, le style traditionnel appalachien. Hell among the yearlings est une oeuvre exigeante mais nécessaire, qui distingue radicalement ses auteurs de la vaste majorité des artistes contemporains.
Time (The Revelator) est sans contredit le chef-d’oeuvre de Gillian Welch. Un autre album hanté, plus positivement cette fois-ci, par les figures archétypales de la mythologie américaines, qui n’est pas sans rappeler la « période symboliste » de BobDylan. Les citations et emprunts, à la fois dans les textes et les phrases musicales, sont innombrables et donnent l’impression d’un « collage » de la culture traditionnelle, traversé par le puissant souffle d’une auteure inspirée dont la pièce titre est emblématique. La rêverie de Elvis Presley Blues est la même, alignant la mort du King à celle, héroïque, de John Henry, sur une musique enpruntée au Spike Driver’s Blues de John Hurt. Une des pièces phares est April the 14th part 1, qui raconte l’histoire d’une soirée pourrie pour un groupe de rock, dans une salle vide d’un trou perdu, sous l’ombre du « Ruination Day », le 14 avril, date anniversaire du naufrage du Titanic, de l’assassinat de Lincoln et de la tempête de sable qui dévasta l’Oklahoma. La presse ne s’est pas pointée, et ils n’auront pas assez de recettes pour se payer « half a tank of gas », mais la narratrice est fascinée pour ces étrangers « sicked and stoned / and strangely dressed » qui descendent dans le « bottomland », seuls espoirs d’un ailleurs dans une petite ville américaine ; dans Ruination Day part II, l’histoire est replacée dans l’épopée avec une structure emprutée à 500 miles, popularisée par Judy Henske. I Want to sing that Rock’n’roll est un genre de gospel, qui amène encore une fois le rock sous le signe de la nostalgie, dont une des meilleures ligne est « I want to electrify my soul ». Red Clay Halo est de la trempe des chansons de Revival, d’ailleurs composé à la même époque, alors que Everything is free est d’une beauté métaphysique, que certains esprits tristes ont réduit à une chanson anti-Napster. L’album se clôt avec I Dream a Highway, qui dure 14 minutes, et convoque, comme des fantômes, les grands personnages de la tradition – John Henry, Jack O’Diamond, Po’ Lazarus, mais aussi Gram Parsons et Emmylou Harris – qui sont la lignée dans laquelle l’auteure cherche et trouve – finalement – sa place.
Gillian dit de Soul Journey qu’il est son album « le plus ensoleillé ». On remarque dès l’abord un band qui l’accompagne, que j’ai trouvé lourdaud aux premières écoutes, mais qui s’insère à la longue. Miss Ohio est typique de l’art de l’auteure, avec trois couplets de trois lignes et un refrain, qui laisse toute la place à l’évocation d’une fille promise au mariage qui veut profiter de sa jeunesse et s’éclater : « I wanna do right, but not right now » est la ligne qui revient en boucle. Deux traditionnels s’insèrent, Make me a pallet on your floor et I had a Really Good Mother and Father, où Gillian est seule à la guitare dans un contexte intimiste. Le son de la Hammond B3 ouvre Wayside/Back in Time, alors que le fiddle de Ketch Secor, leader du Old Crow Medecine Show, est présent sur No One Knows My Name, à la sonorité old-time – la mélodie est très proche de Peg and Awl – tout comme sur l’épique Wrecking Ball, longue ballade rock, vraie pièce maîtresse du disque, que plusieurs ont comparé à du Neil Young, qui raconte la traversée beatnik d’une tête brûlée dans le rêve américain, finissant dans le tremblement de terre de 1989 à San Francisco. Soul Journey est un album d’ambiance, plus raffiné qu’il n’y paraît à l’abord, et qui ouvre de nouvelles perspectioves à la musique de Gillian Welch.
Il existe aussi un DVD, genre de produit dont je ne suis pas un fan, intitulé The Revelator Collection, qui présente les trois vidéos de l’album, et une dizaines de performances en concert, du plus grand intérêt, incluant Pocahontas, de Neil Young, et Billy, de Bob Dylan, une pièce oubliée de la trame sonore de Pat Garret & Billy The Kid (on se souvient plutôt de Knockin’ on Heaven’s door). Tout récemment, Billboard annonçait que les deux compères sont en post-production pour un nouveau disque, dont on ne connaît pas la date de parution. Profitons-en pour déplorer l’absence de deux disques qui devraient exister : tout d’abord une compilation de ses compilations sur les albums hommages et trames sonores, qui rempliraient facilement les 74 minutes d’un CD ; et d’autre part un live des premières années. Car Gillian Welch est aussi une interprète de premier rang, à la fois généreuse, respectueuse et capable d’enrichir les pièces de sa propre personnalité. Les enregistrements live des premières années, qui circulent sous le manteau, sont merveilleux.
Références : Certains passages du texte biographique sont une traduction de l’excellent texte du New Yorker paru en septembre 2004, The Ghostly Ones : How Gillian Welch and David Rawlings rediscovered country music, d’Alec Wilkinson. Nous ont aussi servi l’article de Wikipedia et la notice biographique de l’excellent Guide de la country et du folk, de Gerard Herzaft et Jacques Brémond, Fayard, 1999. En plus des innombrables pages Internet, merci Google. Site officiel et Discographie. Les textes et partitions sont largement disponibles sur Internet, mais voici un bon site et un autre plus complet qui est ce que j’ai trouvé avec le moins de pubs agressantes. À ma connaissance, il n’y a pas de « fan site », et c’est dommage.
6.5.06 [+]
May Day
Plusieurs événements politiques et musicaux se télescopent en ce début mai aux États-Unis. Il y a tout d'abord le puissant mouvement Latinos, qui a mobilisé en demi-million de personnes le premier mai, à l'occasion d'une "journée sans immigrants" : ne consomment pas, ne vont pas travailler, ne vont pas à l'école. Quand on connaît la faible mobilisation des travailleurs nord-américains, et leur peu d'identification commune, il y a de quoi se réjouir de voir autant de gens se mettre en grève illégale et dégager un véritable rapport de force face au gouvernement qui menace de se durcir face aux immigrants illégaux, très majoritairement latinos. Ceci de manière tout à fait hypocrite, alors que l'establishement se passerait bien difficilement de la main d'oeuvre bon marché venue du sud, d'autant plus malléable lorsque sans statut... "A Protest That Works" dit le Seattle Weekly, alors que le LA Weekly parle d'un "Day of power" et le Pasaneda Weekly d'un "Day full of immigrant". On peut prévoir où mènera la maturation du mouvement. "Today we march, tomorrow we vote", dit l'un de leur slogan, ce qui risque de peser dans la balance, quant on sait le taux d'abstention aux États-Unis. The Vote Next Time dit le LA City Beat.
Sur une note plus grave, le 4 mai voyait le 36e anniversaire du massacre de Kent State. Ce jour là, en 1970, des manifestants se réunissait pour le quatrième jour consécutif pour protester contre l'invasion du Cambodge, alors qu'à son élection deux ans plus tôt, Nixon avait promis la fin de la guerre au Vietnam. Le 2 mai, les protestataires incendient un édifice militaire et l'état d'urgence est décrété. L'armée prend place sur le campus, ce qui n'empêche pas les manifestations de se tenir. Enfin, le jour fatidique, les soldats font feu, tuent quatre personnes, dont deux qui se rendaient à leurs cours, et en blessent neuf autres. La confusion règne quant aux raisons précises qui ont déclenclé la tuerie : le Ohio Free Times revient sur la question et pose beaucoup plus de questions qu'il n'apporte de réponse. Malgré l'espoir d'obtenir la vérité, les survivants, dont Alan Canfora, un des blessés qui entretient la mémoire de l'événement, tentent tant bien que mal de faire la paix avec eux-même et portent plutôt le blâme sur les gouvernements de l'époque. Alors comme aujourd'hui, des dirigeants belliqueux et républicains (ça va ensemble) ont préféré mentir et creuser la polarisation à l'intérieur de la société plutôt que de se rendre à l'évidence. Voir aussi ce site.
Neil Young (avec Crosby, Still & Nash) a été l'un des premiers à réagir à l'époque, avec la chanson Ohio, un jab enragé, aussi direct que la tuerie elle-même. C'est le même Young qui fait paraître ce mois-ci Living with war, un album de "metal-folk protest", selon ses termes, conçu en moins d'un mois, joué avec un power-trio, une trompette et un choeur de cent voix. Le concept de l'album pourrait être celui de la subtilité zéro, tellement les titres sont parlant : "Shock and Awe", "Flags of Freedom", "Let's Impeach the President"... L'ensemble est rude et révolté, chanté avec urgence, la guitare dans le tapis et des mélodies simples et accrocheuses. C'est un album de combat, et déjà des radios le font tourner, une station de Los Angeles l'ayant même fait jouer au complet sans interruption. La presse est enthousiaste, trouvant enfin les protest songs qu'elle réclamait au début de la guerre en Irak. Le grand mérite du disque est d'excorciser le climat de terreur qui règne depuis le début de la guerre car, en effet, nous "vivons avec", et les symboles de la prétendue liberté, les nom des missions et la situation du président sont d'une concrétude apeurante, notre pain quotidien. Mais le mensonge se fissure, et l'opposition grandissante au sein même des États-Unis laisse poindre une lueur d'espoir, dont l'album de Neil Young témoigne. Ai-je dit que je le trouve excellent et nécessaire? Vous pouvez l'écouter sur Internet.
La politique est curieusement absente du disque de Bruce Springsteen, We Shall Overcome : The Seeger Sessions, alors que le Boss avait écrit de superbes chansons sur les immigrants Latinos sur son "Ghost of Tom Joad". À l'exception de l'hymne de la lutte pour le droits civiques du titre, Springsteen interprète des chansons popularisées ou écrites par Pete Seeger, même si plusieurs ont été dérouté de le voir chanter "Mary don't you weep" ou "John Henry" alors qu'il y aurait de la place pour mettre en valeur la fibre militante de celui qu'on a appelé le "boy-scout du folk". Peu importe, l'album est festif, "rollicking" et "staightfoward" comme ils disent en anglais, avec un band de 17 musiciens - les instruments traditionnels, une section de cuivre et de choristes. "My Oklahoma Home", de Sis Cunningham, fondatrice de la revue Broadside, est du nombre, tout comme "Eye on the prize" et "Pay me my money down", ce qui en fait un disque moins innocent qu'il n'en a l'air. Springteen a commencé sa tournée au festival de jazz de New Orleans, sur laquelle la ville mise beaucoup pour aider à sa reconstruction, avec tout son band, et a joué "How Can A Poor Man Can Stand Such Times and Live?", réécrite pour l'occasion, où il montre sa sympathie pour les sinistrés et dénonce les pouvoirs en place pour leur inertie et leur négligence. La pièce n'est - malheureusement - pas sur le disque, mais son site officiel fait jouer l'enregistrement de New Orleans : à écouter! J'avais fait part précédement des opinions radicalement divergentes sur ce disque. Je suis content d'avoir fait mon choix : pour! D'ailleurs, Fred de chez CD Mélomane vous le recommande ; le Boss ne le sait pas, mais c'est proche de la consécration ultime.
Redemption Songs, Chris Morris, LA City Beat Neil Young, Living With War , Alexis Petridis, The Guardian Springsteen delivers emotional set at Jazz Fest, Steve Pond, Boston Globe Bruce Springsteen’s Latest: A Joyous Roots Music Collection, Christopher J. Stephens, National Ledger.
5.5.06 [+]
Des nouvelles des New Lost City Ramblers
 Je suis un fan inconditionnel des New Lost City Ramblers, un groupe formé de Mike Seeger, le demi-frère de Pete, John Cohen, et Tracy Schartz, lequel a remplacé le Tom Paley des premiers disques. À eux trois (quatre), ils ont ravivé une tonne de musique profondément cachée, ce qu'ils ont appelé une "tradition" et qui fut toute la musique d'une époque. Il ne reste de leurs efforts que quelques compilations sur Folkways, mais à leurs heures de gloire, il paraissait presque un disque aux six mois, chose impensable aujourd'hui. Un peu comme l'Anthologie de Harry Smith, mais à une échelle plus réduite, nous sommes quelques mordus à entretenir la passion. Le dernier en date n'y va pas pas quatre chemins : il fait paraître un blog uniquement consacré aux NLCR, The New Lost Times. Il appert que plus de 45 ans après leur fondation, les membres sont toujours actifs, assez pour entretenir une chronique de leurs activités : Mike Seeger vient de faire paraître un disque de ses enregistrements de terrain, John Cohen promène toujours son exceptionnelle exposition de photos, et que Tracy Schartz joue en Écosse pour faire la promotion de... la Virginie Occiendentale.
Un autre mordu des New Lost City Ramblers est l'éditeur du Celestial Monochord, le journal de l'Institut d'Astrophysique et de Musique Hillbilly - parfaitement madame. Modestement consacré aux liens entre science et musique, ses articles sont toujours aussi profonds que drôles parce que bizarres. Sa dernière entrée en date, John Cohen and the Voyager Record, est un chef-d'oeuvre du genre. La mission Voyager a envoyé un disque dans l'espace, à l'intention d'éventuelles extra-terrestres, contenant une variété de musique représetative des époques des genres musicaux de l'humanité, dont un enregistrement de musique péruvienne de John Cohen. L'auteur fait le lien entre les ambitions humanistes des ethnomusicologues, dont Alan Lomax et Moses Asch (directeur de Folkways) et des scientifiques, notamment Carl Sagan, initiateur du projet, et le résultat est franchement passionnant.
Il reste malheureusement peu de choses de l'oeuvre de New Lost City Ramblers. Deux compilations et un live sont bien peu choses en regard d'un demi-siècle de musique. Il faut s'en remettre au service en ligne Smithsonian Global Sound pour trouver les bons vieux vinyls aujourd'hui épuisés. La musique des NLCR va bien au-delà de la simple conservation ethnologique. Ils ont ré-enregistrés une grande partie des succès des années 20 et 30, donnant ainsi un panorama musical exceptionnel de la première moitié de XXe siècle. Je suis souvent surpris d'entendre un enregistrement original que je connais par la voix de Cohen ou Seeger. Tracy Scwartz, en se joignant au groupe, a participé à la reconnaissance de la musique cajun dans le circuit folk des USA. Et en écoutant des disques commes Songs from the Depression ou American Moonshine and Prohibition Songs, on revit des épisodes de l' histoire américaine selon un angle très particuliers.
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