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2.8.06 [+]

Quelques albums de la rentrée

De retour de vacances, et même un peu plus, pourquoi ne pas se conformer à un des habitus des bloggueurs qui consiste à parler de ce dont tout le monde parle ; voici donc quelques sorties majeures pour la rentrée. Certaines pièces sont impressionnantes!

Tout d'abord, à la fin août, le dernier Bob Dylan, Modern Times, son premier depuis Love& Theft, qui semble poursuivre la même démarche artistique : quelques blues gras bien écrits, d'autres pièces plus jazzées, le tout conservant une belle unité musicale. La première pièce, Thunder on the Mountain, fait allusion à Alicia Keys, que Dylan avait côtoyé au moins à la soirée des Grammys en 2001 : « I was thinking about Alicia Keys, couldn’t help from crying / When she was born in Hell’s Kitchen, I was living down the line / I’m wondering where in the world Alicia Keys could be / I been looking for her even clean through Tennessee ». Le magazine en ligne Slate consacre même un article complet à la question. Les fans de Dylan sont fous, je le sais, j'en suis un : d'autres on commencé à rencenser tous les extraits de textes publiés dans les médias ou diffusés en onde. Enfin, un amateur a envoyé une critique complète sur le forum du Dylan Pool. Et l'incontournable Expecting Rain recense, lui, toutes les critiques. Nous serons tous fixés le 29 août.


Le même jour, le Old Crow Medecine Show fait paraître la suite très attendue de OCMS, Big Iron World, dont des extraits ont circulé : j'en ai attrapé quelques uns sur Pandora qui m'ont rappelé à quel point le band a un son dictinctif, mordant, capable d'aller chercher des émotions cachées au creux de l'interprétation, notamment vocale. En fait, la musique bluegrass et old-time d'aujourd'hui est souvent polie, comme si la virtuosité devait absolument profiter des soins techniques du studio. L'énergie débridée du Old Crow est plus que bienvenue dans cet univers relativement conformiste, et c'est fort probablement ce qui a permis au groupe d'étendre sa renommée au-delà du cercle des amateurs confirmés. On trouve sur Big Iron World la chanson Union Maid, de Woody Guthrie, artiste trop souvent délaissé par les artistes bluegrass, une pièce sans compromis sur une activiste syndicale ; d'autres chansons laissent planer un commentaire social et politique, et l'ensemble semble être fidèle à ce qu'on connaît du Old Crow, qui ravive des périodes oubliées pour les faire renaître dans le monde d'aujourd'hui : le vidéo disponible en téléchargement les montre jouant "Down home girl" dans les rues de New-York, sous des échafauds de construction. Gillian Welch vient faire un tour à la batterie sur quelques pièces en attendant son propre album dont on n'a pas de nouvelles. Que dire d'autre, sinon que nous attendons le 29 août avec impatience?


Parlant des mondes ressucités, Shout! Factory, maison éclectique fondée par des transfuges de Rhino, lancera au mois d'octobre l'ensemble de quatre disque The Harry Smith Project: Anthology of American Folk Music Revisited. Deux CD hommages à l'oeuvre des pionniers que l'excentrique personnage a ramené sur le devant de la scène dans son anthologie publiée en 1952 : John Hurt, Buell Kazee, Clarence Ashley, et tant d'autres artistes et pièces obscures & bizarre qui ont fait de cette ensemble de 6 disques un mythe persistant, aussi populaire aujourd'hui qu'à l'époque. On compte notamment les participations de Wilco, Sonic Youth, Beck, Lou Reed et Steve Earle, entre autres ; à cela s'ajoute deux DVD, un de prestations musicales et un documentaire sur l'oeuvre maîtresse de Harry Smith. Voilà de quoi nourrir le mythe pour encore longtemps. Voir l'article de Billboard.


Enfin, la maison Anti- a lancé la nouvelle de la parution d'un nouveau Tom Waits, qui sera un album... triple et sera consacré exclusivement à la thématique des orphelins, parfaitement madame. Chaque disque a sa personnalité propre et l'ensemble est représentatif des multiples styles de Tom Waits. Le premier, Brawlers (bagarreurs), est consacré aux blues sales et gueulards, tandis que Bawlers (braillards) réunit des ballades country ou celtiques, des berceuses, des valses et des chansons pour piano, alors que le dernier, Bastards (bâtards) est dédié aux histoires étranges et à la musique expétimentales. Des 44 pièces, plusieurs sont des reprises puisées dans le catalogue hétéroclite des influences de Waits : Brecht, Leadbelly, les Ramones, Bukowski... D'autres sont parues initialement sur des trames sonores et on les retrouve avec plaisir : The Fall of Troy (Dead Man Walking) et Long Way Home (Big Bad Love), sont des chefs-d'oeuvre. On attend ça le 21 novembre.



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